Comment s’adapter au mécanisme d’ajustement carbone européen
PE | Morocco Foodex
Le Maroc anticipe sur une possible application de la politique environnementale européenne aux produits agricoles importés dont les fruits et légumes.
Lors de son intervention pendant le sixième congrès tomates à Agadir, Le responsable d’analyses de marché de l’agence Morocco Foodex Ali Rougui a proposé un plan stratégique de l’ensemble de la filière fruits et légumes afin d’anticiper sur une possible application du « Mecanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières » européen (MACF-CBAM) a partir de 2035 aux produits agricoles. Récemment mis en place en Europe pour les matériaux fossiles et industriels dont les engrais, est un outil de politique climatique mise en place par l’UE, selon le règlement 2023/956. Ce dispositif impose aux importateurs de produits ciblés, de déclarer leur empreinte carbone et d’être taxés sur leurs émissions (actuellement de €75/tonne). « D’autres pays suivent déjà l’exemple de l’Union Européenne tels que le Royaume-Uni, les Etats-Unis et les Emirats Arabes Unis » alerte Rougui. Le Maroc y est déjà soumis à cette taxation pour plusieurs produits industriels tels que les engrais phosphatés, dont il est le premier producteur mondial.
Approche « filière » recommandée pour limiter le risque
La montée des politiques climatiques appliquées aux produits d’importations représentent un risque réglementaire croissant. Il peut aussi représenter un risque de compétitivité (couts de conformité, risque commercial, exigences fournisseurs) par rapport à ses concurrents s’il ne s’y prépare pas. Il peut aussi générer un risque réputationnel tel que l’empreinte environnementale ou l’usage de l’eau. « Face a cette situation, il doit y avoir une approche collective par filière, plus que pays, pour er des solutions efficaces à bas coût afin de mesurer, standardiser et reporter » déclare Roughui.
4 priorités pour les exportateurs de fruits et légumes
Selon Roughui les 4 priorités pour les entreprises de fruits et légumes qui exportent vers l’Europe doivent être de mesurer pour piloter, réduire les émissions, assurer la conformité et renforcer la performance durable. Afin de « mesurer pour piloter » efficacement, il est nécessaire réaliser un bilan carbone de l’entreprise en identifiant les émissions par production, par la consommation d’énergie, l’utilisation du froid, le transport, l’emballage, l’achat d’intrants agricoles.
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