Les États-Unis mettent fin à l'accord sur les tomates avec le Mexique
Le ministère américain du commerce met fin à l'accord de suspension de 2019 et impose un droit antidumping
Les exportateurs de tomates mexicains sont frappés par un changement majeur de la politique commerciale des États-Unis. En effet, le ministère américain du commerce met fin à l'accord de suspension de 2019 et impose un droit antidumping de 17,09 % sur la plupart des importations de tomates fraîches en provenance du Mexique. La décision, annoncée le dernier jour d'une période d'examen de 90 jours au début du mois, marque un retour à des mesures commerciales plus strictes destinées à répondre aux préoccupations de longue date concernant les pratiques tarifaires déloyales.
Le ministère affirme que de nombreuses tomates mexicaines ont été vendues aux États-Unis à un prix inférieur à leur valeur marchande, au détriment des producteurs nationaux. Le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, a déclaré que cette mesure s'inscrivait dans le cadre d'une stratégie plus large visant à protéger l'agriculture américaine et qu'elle reflétait la position commerciale de l'administration à l'égard du Mexique.
Cette décision a suscité de vives réactions dans le secteur des produits frais. Les détracteurs de l'accord de suspension ont affirmé qu'il ne parvenait pas à stopper les importations à bas prix. Mais d'autres, dont l'Alliance pour l'agriculture en milieu contrôlé (CEA), ont plaidé en faveur d'une renégociation plutôt que d'une résiliation, affirmant que les accords précédents avaient profité aux consommateurs américains.
Le directeur exécutif de la CEA Alliance, Tom Stenzel, a exprimé sa profonde déception, déclarant que le ministère n'avait pas tenu compte des préoccupations des serristes américains, qui fournissent aujourd'hui plus d'un tiers des tomates fraîches du pays. Il a noté que la production sous serre aux États-Unis a augmenté de 69 % entre 2010 et 2023, alors que la production en plein champ a chuté de près de 50 %.
M. Stenzel a également prévenu que les nouveaux droits de douane pourraient nuire aux investissements transfrontaliers dans les serres aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Il a critiqué cette mesure qu'il considère comme politiquement motivée et déconnectée des réalités du marché, et a promis que l'Alliance CEA continuerait à promouvoir l'importance des tomates cultivées en serre dans l'agriculture américaine.
source : reuters.com, frutasdechile.cl
photo : mexiconewsdaily.com